(Actualisé avec déclarations de Meloni et nouvelles estimations)
Une réforme phare du système judiciaire italien, défendue par le gouvernement de droite de la présidente du Conseil Giorgia Meloni, a été rejetée à l'issue d'un référendum organisé dimanche et lundi, a annoncé la cheffe de gouvernement.
Cette victoire du "non" constitue un coup dur pour Giorgia Meloni et sa coalition au pouvoir alors que le référendum, portant sur le statut des magistrats, s'est transformé en une âpre bataille politique entre le camp gouvernemental et l'opposition.
La présidente du Conseil a annoncé le rejet du projet dans l'après-midi, évoquant sur les réseaux sociaux une "occasion manquée de moderniser le pays", tout en concédant la défaite du référendum.
Selon une analyse des premiers résultats du dépouillement diffusée par la RAI, le camp du "non" soutenu par l'opposition aurait recueilli 54% des voix, contre 46% pour le "oui" défendu par Giorgia Meloni et son gouvernement.
Le groupe de télévision Mediaset, généralement pro-gouvernemental, prévoyait le même résultat.
Les Italiens étaient appelés à se prononcer sur une réforme qui prévoit de séparer les fonctions de juges et procureurs, divisant le Haut conseil de la justice (CSM) en deux organes autonomes dont les membres ne seraient plus élus mais désignés par tirage.
Le taux de participation au référendum est estimé à près de 60%, bien plus que prévu.
Le rejet de la réforme est de nature à marquer un tournant pour Giorgia Meloni après quatre années de succès électoraux.
UN NOUVEL ÉLAN POUR L'OPPOSITION ?
Une victoire du "non" pourrait à l'inverse donner un nouvel élan au centre-gauche, qui est fragmenté, en permettant potentiellement aux deux principaux partis d'opposition, le Parti démocrate et le Mouvement Cinq-Etoiles, de forger une large alliance afin de s'opposer à la dirigeante et à ses alliés.
Des observateurs politiques estimaient avant le scrutin que les Italiens allaient voter en fonction de leur affinité politique, sans s'attarder sur le contenu du référendum, après une campagne marquée par des allégations infondées de part et d'autre quant à l'impact potentiel de la réforme.
Selon des sondages publiés avant la période de neutralité électorale qui a débuté deux semaines avant le référendum, les deux camps étaient au coude-à-coude mais la dynamique était favorable aux partisans du "non", alors que de nombreux électeurs de droite étaient susceptibles de s'abstenir.
Giorgia Meloni a refusé de lier son destin au résultat du vote, une décision qui a été largement perçue comme une tentative de dissuader les électeurs de l'opposition de se rendre massivement aux urnes dans l'espoir de la faire tomber.
La justice est devenue un sujet de discorde en Italie depuis les déboires judiciaires de l'ancien président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, qui a souvent accusé les juges de partialité politique.
(Rédigé par Crispian Balmer et Angelo Amante, version française Blandine Hénault et Benjamin Mallet, édité par Sophie Louet et Benoit Van Overstraeten)

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